Voilà ce que sont nos évêques...

Débat sur VR en novembre 2003.

 

 

SdeB, 07-11-2003-11-10

Trouvé sur le site Chriscity,et transmis par M.S.,  ce texte de Léonard évêque de Namur, en réponse a la question : "pourquoi y a t il quelque chose plutôt que rien.

On ne saurait mieux résumer l'effondrement de la pensée chrétienne depuis le concile.

Lisez , ce n'est pas long.

 

Pourquoi y a-t-il quelque chose et non pas rien ? par Monseigneur Léonard

De grands philosophes ont dit que la question la plus radicale de l'intelligence humaine est celle-ci : "Pourquoi donc y a-t-il quelque chose et non pas rien ?". Ne sois pas de ceux qui ne se posent jamais que des questions à court terme, qui se demandent seulement pourquoi le prix des pommes a augmenté cette année, sans jamais se demander pourquoi il y a des pommes, et d'abord des pommiers, et des arbres fruitiers en général. Va jusqu'au bout des questions ! Ne considère pas que ton existence et celle du monde vont de soi. Notre existence et celle du monde environnant sont une bouleversante énigme. Il ne suffit pas de dire que c'est ainsi et de passer ensuite à autre chose.

C'est ici que beaucoup d'athées sont décevants. Blaise Pascal, un géant de la pensée française, disait déjà d'eux : "Athéisme, marque de force d'esprit, mais jusqu'à un certain degré seulement". À son époque, en effet, il fallait un certain culot pour se déclarer athée. Aujourd'hui, c'est tout le contraire. Ne pas croire en Dieu, c'est, de nos jours, faire comme tout le monde. Et c'est passer à côté des questions essentielles de la vie et faire preuve de peu de force d'esprit. Regarde ton téléphone portable ou ta radio. Ces objets contiennent une certaine quantité d'informations. Ils obéissent à un plan, visent un certain but. Derrière ces objets, tu sais qu'il y a des intelligences humaines qui les ont conçus. Tu ne les vois pas, mais tu es sûr de leur existence. Car tu sais très bien qu'il ne peut y avoir de programme sans programmeur, de logiciels sans logiciens, etc. Et tu as parfaitement raison. Et devant la prodigieuse quantité d'information qui habite et structure le monde, tu dirais seulement : "C'est ainsi, il ne faut pas chercher plus loin !" Non! Il te faut chercher davantage... Ne dis jamais que le monde est ainsi, tout simplement Jadis, la science détournait souvent de Dieu. Actuellement, il n'est pas rare qu'elle achemine vers lui. C'est qu'elle nous rend toujours plus attentifs à la fabuleuse complexité des choses et à leur ordre stupéfiant. La cosmologie te fait entrevoir ces millions et ces millions de galaxies comportant chacune des millions et des millions d'étoiles, notre soleil n'étant que l'une d'entre elles, quelconque à beaucoup d'égards. Et pourtant cet immense laboratoire semble avoir été calculé, au "millipoil", pour que la vie humaine puisse y apparaître. La physique de l'infiniment petit te fait jouer à cache-cache avec les particules élémentaires de la matière sans que jamais tu puisses en avoir une science complète. Mais même si tu ne peux soulever le voile qui abrite le coeur des choses, tu en sais assez pour t'extasier sur ce grouillement de la matière apparemment inerte. La biologie te permet de décoder les jambages élémentaires de l'écriture de la vie, même si ce que nous savons demeure dérisoire par rapport à ce que nous ignorons encore et ignorerons peut-être toujours. Vas-tu dire que c'est ainsi tout simplement ? Mais pourquoi ne le dis-tu pas devant un ordinateur ou un moteur, qui sont pourtant des jeux d'enfants en comparaison de l'univers ? Diras-tu qu'il y avait à l'origine un atome primitif qui contenait toute l'information nécessaire et qui, en faisant un formidable big-bang, a engendré ce monde ? Mais pourquoi donc cet atome primitif existait-il ? Et d'où lui venait cette information que tu lui prêtes ? Vas-tu tenir ensuite que l'agencement qui s'est développé en lui en vue de fins manifestes relève du hasard ? Pratiquement plus personne n'y croit. C'est clair désormais : nous avons des yeux pour voir, et ce n'est pas seulement parce que, par hasard, nous avons des yeux, que nous voyons. Et le hasard, même s'il joue son rôle, ne suffirait pas à expliquer la flèche rapide et fermement dirigée de la construction de l'univers et de la complexification de la vie. Il y a autre chose. Il y a Quelqu'un d'autre !

 

Mgr A.M. Léonard

Evêque de Namur

 

 

Montgarnaus, 8-11-2003 :

Cher Ami,

vous êtes bien dur.

Si seulement les évêques français parlaient ainsi... Après tout, c'est du Thomas d'Aquin traduit en wallon pour le vulgum pecus. On a vu pis.

 

 

Le Lieutenant, 8-11-2003 :

De plus en Belgique Léonard est l'objet de nombreuses critiques de la gauche qui le voit comme réactionnaire car il a veillé à remettre un pu d'ordre où cela était indispensable. C'est des évêques belges romains celui qui semble le plus réceptif à des actions de défense de la chrétienté souvent initiées par des milieux de la tradition. Il n'a jamais eu par ailleurs la réputation d'un minus habens.

Le texte me surprend un peu, mais il visait peut-être un public précis très jeune ou peu cultivé, le fond n'est pas mauvais ,la forme et la simplicité (simplettité ?) était peut-être adaptée à son public ?

 

 

Claude Timmerman, 8-11-2003 :

Vous m'excuserez d'être hétérodoxe comme d'habitude, mais j'aimerais que tous nos évêques soient capables d'énoncer cela! Ce serait au moins un début!

J'ignore à qui s'adressait cette déclaration, mais il est certain que si elle ne s'adresse pas à un public purement traditionnel chrétien, exposer cela et conclure en disant qu'au delà du matérialisme scientifique, il y a certainement quelqu'un... C'est déjà un énorme progrès! En fait, cela coïncide tout à fait avec les positions de cette foultitude d'éminents scientifiques (dont certains que je connais en Belgique), prix Nobel en tête, qui refusent le "hasard" et prônent l'idée déterministe, c'est à dire l'ordonnancement voulu dans la Nature ...donc mis en place par "quelqu'un"! Cela nous change au combien d'un Gaillot ou d'un Lustiger!

Alors vraiment, pas d'anathème: Mgr Léonard, celui-là, c'est un bon! L'important, ce n'est pas qu'il prononce le nom de Dieu toutes les dix lignes, mais que ce qu'il suggère amène naturellement ses auditeurs ou ses lecteurs à le penser...et à s'en convaincre!

Dans une Europe déchristianisée, je ne vois aucun inconvénient à ce que la Foi revienne par la raison: autrement dit, et c'est ce qui se passe depuis deux décennies, que les progrès de la science conduisent à reconnaître la nécessaire existence d'une organisation préexistant à la matière, et donc d'un grand ordonnateur, d'un créateur.

J'en connais qui vont encore dire que c'est une approche maçonnique, mais pas du tout: c'est aujourd'hui - à la lumière de la science dont on ne peut pas tout rejeter sous prétexte que cela gêne certaines de nos convictions telles qu'elles nous sont enseignées - un message qui a une réelle portée. Le danger, une fois de plus c'est que des catholibans - qui se croient plus catholiques que les autres - ne fasse pas rejeter ce message quand il peut conduire à un grand retour de christianisation par et avec la science. Autre danger du rejet de cette approche : que ceux qui sont athées et dans une réelle quête spirituelle ne se tournent pas du coup vers l'Islam devant la réprobation d'un message qui les séduit par des cathos extrémistes qui pleurnichent parce qu'on ne cite pas assez le nom de Dieu : des exemples comme ça je peux vous en citer une douzaine...et des scientifiques de renom international!

Alors de grâce un peu d'ouverture d'esprit dans l'approche!

L'important n'est-il pas que le chemin soit parcouru et que la conversion à la religion de Vérité dans le Christ puisse se faire?

Claude