Y a-t-il encore un État français ?

Message de Merlinchaz du 15-02-01.                                                                                          

 

Ce n'est pas la monnaie de la Ripoublique que je défends et regrette. C'est (et d'accord, c'est mort depuis le 1er janvier 1999) la souveraineté de la France qui n'avait  plus de frontières, plus d'armée et dont la justice f... le camp. Le dernier signe de la puissance souveraine est mort le 1er janvier 1999, il sera définitivement enterré le 17 février 2002. Ce n'est qu'un signe, mais un signe de mort.

 

A propos de la disparition de la France en tant qu'État et que nation, je me permets (j'espère que SdB ne m'en voudra pas) de joindre (pour ceux qui peuvent recevoir des pièces jointes) un petit texte que j'ai écrit sur la question pour le Libre journal de la France courtoise il y a quelques semaines .

 

Pour que la France vive quand même : Vive le Christ-Roi ! vive le roi !

 

Amicalement

 

Il est permis de se demander s’il existe encore un État français.

En effet, par quoi se définit un État ? par l’accomplissement des missions régaliennes au profit des citoyens (ou des sujets du roi) dans un territoire reconnu et défini par ses frontières qui les protègent.

Or la France n’a plus de frontières, ou, plus exactement, elle n’a plus de frontières que lorsque cela est à son désavantage : qu’il faille obtenir du Portugal (pays avec lequel nous n’avons plus de frontières) l’extradition du tueur en série Rezala, ou de l’Allemagne (pays avec lequel nous n’avons pas non plus de frontières) qu’un enfant enlevé par celui des parents qui n’en a pas la garde en droit français soit remis au parent gardien légitime, aussitôt les frontières se relèvent et il est impossible d’obtenir justice pour le citoyen français lésé. En revanche, les oukases de Bruxelles aidant, et la totalité de l’intelligentsia européenne et des médias ayant fait leur la formule d’un certain président : “ Ils sont chez eux chez nous ”, nos frontières, et celles dites de Schengen qui sont censées protéger l’ensemble des pays qui ont signé ce traité, ne sont que des passoires. Par des mesures comme le regroupement familial (y compris des familles polygames) et de la régularisation répétée des clandestins, par l’attirance qu’exercent sur ceux-ci les avantages sociaux liés à la résidence sur le sol français (logement, allocations, scolarisation, soins gratuits), nous sommes dans l’incapacité de protéger les citoyens (et même les résidents récemment régularisés) de la concurrence des nouveaux arrivants. Chaque année nous arrivent, par les voies régulières, environ 125.000 nouveaux immigrants dont à peine plus de 4,5% peuvent être considérés comme des travailleurs, tous les autres étant des “ ayant droit ” ou des “ allocataires ”. Et cela sans compter les clandestins dont un certain nombre de cas (les kurdes débarqués en Provence, par exemple) ont montré qu’il était vain d’espérer les repousser, même lorsque leur absence totale de droit au séjour en France est attestée et même s’ils n’ont pas encore débarqué sur notre sol...

Plus de frontières, et presque plus d’armée : on en vient à se demander s’il faut rire ou pleurer quand nos ministres comptent gravement, un par un, les cinquante-huit marsouins qu’ils envoient en Afghanistan ...

En l’absence de frontières, “ protégée ” par une armée dont on dit qu’on l’installerait confortablement dans le Stade de France, la sécurité extérieure de notre pays est à la merci du premier attaquant.

D’ailleurs, comment pourrions-nous avoir une armée quand nous n’avons plus de finances ? car nous n’en avons plus. Nous n’avons plus de finances, parce que nous n’avons plus de monnaie. Certes, nous restons un grand nombre (près des deux-tiers des Français, aux dernières nouvelles) à éprouver les doutes les plus fondés sur les bienfaits de l’euro ; certains (j’en suis) espèrent même que nous parviendrons, un jour, à nous en débarrasser. Mais inutile pour l’instant de nous faire des illusions, depuis plusieurs années déjà les mesures monétaires qui permettent de faire (ou de ne pas faire) de bonnes finances ne dépendent plus de nous.

Ce n’est pas à Paris que se décident les mesures qui permettent par la fixation des taux de favoriser l’arrivée de nouveaux capitaux ou en contraire d’en éviter la fuite, ce n’est pas à Paris que l’on décide de la plupart des mesures qui feront, ou ne feront pas, la croissance économique et les finances saines. Tout au plus nous a-t-on laissé le loisir de nous entraver nous-mêmes par des lois prétendument sociales.

Sans frontières, sans armée, sans monnaie, sans finances, l’État assure-t-il au moins la plus modeste, la plus ancienne de ses fonctions, garantir la sécurité des citoyens ?

Moins encore. Liée sans nul doute à la notion “ politiquement conforme ” selon laquelle tout doit être pardonné aux nouveaux immigrants, réguliers ou non, qui sont entrés en grand nombre chez nous, l’obligation de tout leur pardonner, au nom à la fois de l’anti-racisme et de la reconnaissance de circonstances atténuantes, voire excusatoires, automatiques, a exercé bien des ravages.

Aujourd’hui, on pense que quatre délits sur cinq ne sont même pas signalés, soit que les victimes, par peur ou lassitude, aient négligé de porter plainte, soit que la police ou la gendarmerie aient refusé, sous un prétexte ou un autre, de noter cette plainte. Sur les crimes et délits faisant l’objet de plaintes, la grande majorité ne sont jamais élucidés. Lorsqu’ils le sont, les poursuites sont souvent abandonnées pour raison “ d’opportunité ” ou sans raison apparente, quand les coupables pris en flagrant délit, comme de récents trafiquants et trafiquantes de drogue, ne sont pas remis en liberté pour des raisons qui paraissent de pur caprice. Les magistrats, de toute façon, sont, même quand ils n’appartiennent pas à cette coterie, influencés par le Syndicat de la Magistrature, entré en lutte ouverte contre la police et refusant d’appliquer les lois quand celles-ci ne lui conviennent pas. Si bien qu’il vaut mieux être assassin de préfet que préfet accusé sans preuves de destruction d’un bien sans existence légale, être assassin de policier que policier...

Dans ces conditions, les fonctions régaliennes de l’État : sûreté du territoire à l’intérieur de ses frontières, sécurité des citoyens sur ce territoire, justice rendue entre les citoyens, maîtrise des finances et de la monnaie, ayant toutes été abandonnées, y a-t-il encore un État en France ?

Et n’y a-t-il pas quelque chose de grotesque à voir la pantomime télévisuelle des candidats à la présidence de cet État qui n’existe pas ?