"-tre un aristocrate aujourd’hui cela ne consiste point à se chercher une particule mariable dans les rallyes de l’ouest parisien, ou à s’offrir un quartier contre les millions de dollars nécessaires au rachat d’un château du Bordelais, ni à vouloir revenir aux époques antérieures à la Révolution par quelque moyen, vestimentaire, politicien ou symbolique que ce soit, cela ne consiste pas à répéter les petites figures décadentes de ce que fut l’aristocratie française dégénérée du XVIIIe siècle finissant, désormais reprises et adaptées par les représentants de la haute bourgeoisie moderne, si pitoyables avec leurs « bonnes manières + frigides et ce style vestimentaire épouvantable, croisement improbable de l’employé de bureau homo lambda et du joueur de golf semi-professionnel, cela ne consiste point non plus à parler de petits-fours ou de macarons, entre un peu de poli­tique, de mode et de vacances à Saint-Moritz, ni de telle ou telle vieille relique   mouchoir de Cholet, porcelaine de Limoges, vache non contaminée du Limousin —   achetée la veille chez Drouot, non, penser qu’il est possible et néces­saire de réapprendre à vivre comme un aristocrate aujour­d’hui c’est-à-dire se battre pour le meilleur, pour une culture hautement sélective   c’est apprendre à redevenir un soldat."

 

(Dantec, le Théâtre des opérations 2000-2001).

Texte transmis par le schtroumpf du Roi (VR) 21-10-2001.

 

 

Et un petit complément transmis par Serval (VR) le 25-10-2001 :

 

" Des exigences hors du commun, des traditions plus lourdes et profondes que les racines d'un vieux chêne, voilà très exactement de quoi est faite une aristocratie. Voilà de quoi elle vit, comment elle respire. nous n'y pouvons rien."

 

(Les Aristocrates, de Michel de Saint Pierre)