L'infaillibilité du pape

 

 

Merlinchaz (VR)  a transmis le 31 mai 2001 le texte suivant qui constitue une bonne synthèse des conclusions que l'on peut tirer d'un débat sur l'infaillibilité du pape qui a eu lieu fin mai 2001 sur VR  :

 

Il faudrait du temps (que je n'ai pas) pour répondre à tous ceux qui se sont exprimés aujourd'hui sur l'infaillibilité du pape et sur le fait qu'il ait raison ou non.

 

Comme le rappelle si bien le message du schtroumpf du roi auquel je réponds, l'infaillibilité pontificale fait l'objet d'un dogme qui la définit et la limite :

 

Nous enseignons et définissons, avec l'approbation du saint Concile, comme un dogme divinement révélé : Le Pontife romain, lorsqu'il parle ex cathedra, c'est-à-dire lorsque, remplissant la charge de pasteur et docteur de tous les chrétiens, en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit qu'une doctrine sur la foi ou la morale doit être tenue par l'Eglise universelle, jouit pleinement, par l'assistance divine qui lui a été promise dans la personne du bienheureux Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que son Eglise fût pourvue, lorsqu'elle définit la doctrine touchant la foi ou la morale ; et par conséquent de telles définitions du Pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l'Eglise."

(Vatican I, Pastor AEternus, chap. 4)

 

Depuis la définition de ce dogme, il a été couramment admis que c'est principalement, voire uniquement, en définissant un nouveau dogme que le pape jouit de l'infaillibilité. Ce qui n'est pas le cas du motu proprio sur la messe de Paul VI, ni de la réunion d'Assise, ni de certaines repentances (encore que, sur ce point, le pape n'a, je crois, jamais demandé pardon à qui que ce soit, mort ou vivant, au nom de l'Eglise ou des chrétiens du temps passé, mais il a demandé à Dieu de pardonner à ceux de ces chrétiens qui auraient péché, ce qui me semble conforme à son rôle et à la droite doctrine chrétienne. Pour ceux qui l'auraient interprété autrement et auraient diffusé leur interprétation pour nuire à l'Eglise, onerata conscientia eorum.). Pour tout le reste, donc, le pape étant un homme est faillible comme un homme, ce qui n'empêche pas les fidèles de lui devoir obéissance, mais obéissance les yeux ouverts et le jugement clair ... Si les canons de la messe de Paul VI semblent rejeter la doctrine du sacrifice renouvelé en faveur d'un mémorial, rien, pas même l'obéissance au pape, ne nous oblige à accepter cette interprétation (que d'ailleurs ni Paul VI, ni Jean Paul II n'ont jamais donnée).

 

Que le Missel de Paul VI, et plus encore les divagations auxquelles il donne lieu dans de nombreuses paroisses (car il en est où les rubriques de ce missel sont rigoureusement respectées et où l'on continue à dire le Canon traditionnel, ce qui exclut toute dérive : par exemple à la cathédrale de Chartres, le dimanche à 9 h 15, messe chantée en grégorien), ait découragé les fidèles, c'est incontestable. Nombreuses sont les paroisses où l'on ne voit plus que des personnes de plus de 65 ans, rarement accompagnées de l'un ou l'autre de leurs petits enfants. 5% de pratiquants, cela me semble beaucoup. Je fréquente, outre la cathédrale de Chartres, deux paroisses, l'une dans une commune de 2.000 habitants, où la messe dominicale n'attire que quatre-vingts personnes environ, l'autre dans une commune de 30.000 habitants en hiver et le double en été, où, en hiver, il n'y a pas plus de 400 personnes en tout aux trois messes, presque toutes très âgées. Les enfants du catéchisme eux-mêmes ne vont plus à la messe, il est fortement déconseillé aux catéchistes de leur parler d'obligation et l'assistance à une messe par mois semble un exploit difficilement réalisable.

 

Actuellement, à la "désobéissance" des lefebvristes répond une désobéissance bien pire des prêtres et des évêques, qui veulent asservir les lefebvristes à une obéissance "perinde ac cadaver" à la volonté de Paul VI substituant un nouveau Missel à l'ancien, mais refusent eux-mêmes d'obéir si peu que ce soit à un pape dont ils récusent l'autorité.

 

Je ne suis pas lefebvriste, mais "on juge l'arbre à ses fruits" : si Saint-Nicolas du Chardonnet est plein, même en semaine, de fidèles recueillis participant à la messe traditionnelle dans toute sa beauté, si tant de fidèles trouvent leur réconfort dans les églises trop rares de la fraternité Saint-Pierre, si le choeur de N.D. de Chartres est plein de fidèles en prière le dimanche à 9 h 15, les églises qui se veulent conciliaires et ultra-conciliaires se vident de plus en plus.

 

Vive le Christ-Roi ! Vive le Roi !

 

Anne

 

(on peut aussi référer au débat de pâques sur la Messe repris en rubrique "Débats" sous le titre "Messes")