Petites considérations sur la modération des régimes démocratiques

Message du Lieutenant  du 15 mars 2004.

 

La démocratie est le gouvernement au peuple qui est sensé détenir le pouvoir de décision. Laissé à lui même c'est la dictature de la majorité, le tyrannie de la masse, avec un effet d'auto-exitation et d'entraînement à la surenchère que l'on a souvent observé en période révolutionnaire, c-à-d en période réellement démocratique avant, justement, la mise en place d'un pouvoir capable de tenir tête à ce peuple, même s'il gouverne en son nom.

Les pouvoirs tyranniques des démocraties populaires n'étaient pas absolument non démocratiques. Ils se réclamaient de la démocratie. Les décisions étaient prises par de nombreuses assemblées et comités populaires, où chacun pouvait (devait) donner son avis mais où chacun, surveillé par tous les autres, avait tendance à surenchérir dans le sens commun (c-à-d du parti). L'évolution de nos démocraties parlementaires, avec les organisations "éthiques" genre LICRA et professeurs ex cathedra de la pensée unique, converge de plus en plus vers ce qu'étaient les démocraties populaires.

Le seul élément modérateur en démocratie résulte d'une autorité qui ait préséance sur la démocratie elle-même. Pour que cette autorité ne soit pas en danger de devenir tyrannique et arbitraire, elle doit référer à quelque chose de transcendant qui dépasse l'avis populaire et soit admis de tous.

Dans la plupart des cas cela fut religieux. Les rois étaient dépositaires du pouvoir des mains de Dieu et cela pesait sur leur liberté de décision. Les seules démocraties qui semblent avoir fonctionné assez correctement sont celles qui font également référence à la loi divine. Les Etats-Unis d'Amérique en leurs débuts répondaient assez à cette définition et il en reste quelque chose que l’on ne trouve pas dans nos démocraties issues de la révolution française. (*)

Une démocratie n'est modérée que si elle est modérée par quelque chose qui la limite.

 

 

(*) Les pouvoirs islamiques sont autre chose. Le coran est un assemblage de textes de préceptes rédigés au fur et à mesure des besoins du prophète et de la conquête territoriale qu'il menait. On peut y puiser tout et son contraire, il ne constitue donc pas un pouvoir transcendantal modérateur.