Pour les non-abonnés que ça pourrait intéresser (mais ils ne le sauront qu’après lecture...)

Article du Libre Journal de la France Courtoise transmis par SdB, le 10 janvier 2005.

 

Le nouveau bazar de la charité

Un raz de marée de propagande mondialiste

 

"Ces dix-huit sur lesquels est tombée la tour de Siloë et qu'elle a tués, croyez-vous qu'ils aient été plus coupables que les autres hommes qui habitent Jérusalem?

Non, je vous le dis, mais si vous ne faites pas pénitence, vous périrez tous de la même manière."

(Evangile selon saint Luc 13, 4-5).

 

 

La plus grande catastrophe naturelle des temps modernes ?

Eh bien non !

Le raz de marée qui a balayé le golfe du Bengale n’est pas une catastrophe naturelle. C’est un évènement banal dans l’histoire du monde (on en compte au XX°siècle une dizaine dont la moyenne des victimes a dépassé deux mille) et qui n’a tourné à la catastrophe humaine qu’en raison de la perte par l’Homme de ses liens avec les réalités naturelles, du respect traditionnel à l’égard de la puissance des éléments, de la sensibilité aux signes annonciateurs des grands bouleversements géologiques. De cette infirmité, en somme, de cette civilisation virtuelle, de ses techno-sociétés bâties sur le sable de l’illusion du progrès et comme aveuglées, assourdies, abruties par le clinquant, le bruyant, l’immédiat.

Pendant que, mystérieusement alertés, les éléphants gagnaient les collines et que les poissons fuyaient vers le large ; pendant que les serpents sortaient de leurs trous, pendant que les rats étaient si agités qu'ils ne craignaient même plus l'homme, pendant que les jeunes cochons hurlaient d’angoisse en mordant leur propre queue, l’homo-touristicus continuait de s’esbaudir, comme devant une série télé, au spectacle de la vague géante qui, à travers le viseur de sa vidéo-caméra, lui paraissait pittoresque mais lointaine et inoffensive alors qu’elle se préparait à fondre sur lui pour le broyer.

 

Devant cet aveuglement, et delà de l’horreur, on mesure ce qu’a de blasphématoire et de grotesque l’indignation que soulève dans les cercles de la bien-pensance, ce que l’habitant des métropoles de verre et d’acier appelle un manque de considération de la Nature pour l’Homme. Ainsi, dans le Nouvel Obs, Laurent Joffrin annonce, enfant boudeur, que « c’en est fini de l’idéologie de la mère Terre qui aime tout le monde ». Comme si la Nature était une entité pensante et aimante ! Comme si elle avait jamais eu d’autre ambition, d’autre projet, d’autre raison d’être que sa propre croissance et multiplication, l’Homme se trouvant, face à elle, non pas pour se blottir dans ses bras maternels, mais pour lui commander avec l’autorité du lieu-tenant du Créateur.

Mais notre société du « zéro mort », de la ceinture de sécurité, du préservatif, du casque intégral, de la cigarette sans tabac et de la bière sans alcool réagit en face des évènements naturels comme ces parents qui font un procès au directeur du Zoo parce que l’ours que le gamin a voulu caresser ne s’est pas comporté comme une peluche.

Or le principal responsable de ce lourd bilan n’est pas Allah comme le proclament les musulmans décidément bien peu confiants dans leur faux dieu. C’est tout simplement la voracité imbécile des mercantis, la folle exploitation commerciale de zones côtières qui, jusqu'à l’arrivée du « progrès » dans ces contrées étaient considérées avec défiance par des populations accoutumées aux violences de la nature. (Au Siam, naguère, toute construction en bord de mer imposait le recours aux pilotis, méthode coûteuse en terrain et en travaux que la Thaïlande a donc abandonnée sous pression des grossiums de l’immobilier touristique, généreux dispensateurs de pots de vin.)

Le «tourisme» invention Satanique (Et l’Éternel dit à Satan : « D’où viens-tu ? » Et Satan répondit à l’Éternel et dit : « De courir çà et là sur la terre et de m’y promener. » Livre de Job 7), la manie du bronze-cul ont ainsi attiré des milliers de touriste lesquels, pour leurs menus besoins et plaisirs de nababs éphémères ont ameuté des centaines de milliers d’esclaves : pêcheurs, petits commerçants, employés, domestiques, et, bien entendu, bétail de bordel de tous sexes et âges.

Au Sri Lanka, le coût d’une nuitée pour un couple européen dans un hôtel sur la plage représentait le prix local de deux tonnes de riz ! Un bateau de pèche dont l’achat endette le propriétaire pour la vie entière coûte à peu près ce qu’un couple dépense en un séjour. Avec le prix d’un repas au bord

de la piscine, on habille entièrement cent indigènes. Et la «communauté gay» se sent encore visée sans pouvoir, cette fois, en appeler aux parlementaires pour voter une loi contre l’homophobie sismique : « le tsunami a provoqué la mort et la disparition d’un certain nombre d’homosexuels présents dans des stations balnéaires prisées par la clientèle gay occidentale, notamment en Thaïlande » révèle le site spécialisé E.llico qui ajoute : : « A Phuket, la communauté gay doit aussi affronter les annulations de séjour. La peur suscitée par les médias a complètement anéanti la saison touristique qui fait vivre une foule de petits commerces dont dépend la communauté gay locale » On comprends pourquoi, dans ces «îles aux plaisirs» ou les Pinocchio débarquent d’Europe pour se transformer en ânes en rut le temps d’un séjour, il est mort jusqu’à cinq autochtones pour un vacancier.

Et l’on est pris d’une véritable rage devant la sottise criminelle et l’hypocrisie des maquereaux du tourisme de masse qui, non contents d’avoir corrompus ces peuples, d’avoir souillé leurs enfants, d’avoir salopé leur pays, d’avoir détruit leurs paysages, se parent aujourd’hui des vertus du bon samaritain et trépignent d’impatience à l’idée de reconstruire cette enfer touristique en utilisant les dons que des millions de braves gens, abasourdis par ce grand bazar de la charité, entassent comme autant d’oblations au Prince de ce monde de loisirs frelatés.

 

Autre mensonge : le raz de marée de Noel n’a pas été non plus le plus meurtrier des temps modernes.

Il s’en faut de beaucoup puisque le séisme de Tangshan, en Chine tua cinq fois plus : 750 000 personnes. Que commentateurs, journalistes et politiciens aient déjà oublié cet avènement qui, pourtant, ne remonte pas à trente ans (28 juillet 1976) est pour le moins surprenant. Est ce parce que Tangshan ne figure sur aucun programme de Tour operator ? A moins qu’il s’agisse de tout autre chose que d’un oubli ?

A mesure que les jours passent, en effet, il apparaît évident que le raz de marée est survenu comme mars en carême pour les propagandistes du mondialisme. Médiatisée d’une façon épileptique en raison de son caractère international (sept pays touchés dans lesquels sont morts des vacanciers venus de toute l’Europe, des Amériques , d’Australie du Japon et du Moyen-Orient) , la catastrophe a en effet suscité une mobilisation hystérique qui, de l’aveu même de ses manipulateurs, prépare une mondialisation encore accrue du système sous prétexte de solidarité internationale.

Or, pour susciter une telle excitation, pour priver un si grand nombre d’individus normalement pourvus d’une cervelle, de l’élémentaire discernement, il faut faire naître et entretenir, dans un univers médiatique où seuls comptent les records, l’idée d’une sorte de compétition mondiale. Des olympiades de l’humanitaire. Et comment y parvenir mieux qu’à coups de majuscules, d’hyperboles, de superlatifs, de mensonges et de chiffres truqués ?

Le tsunami (encore un mot magique, tiens, qui a tué tout net et pour le longtemps le trop franchouillard «raz de marée». Comme jogging avait assassiné «course à pied» devenu ringard comme un vieux «survêtement») sera donc décrété La-Plus-Grande-Tragédie-de-Tout-Les-Temps.

Le-Bilan-le-Plus-Meurtier. La-Destruction-La-Plus-Terrible. La-Catastrophe-Economique-Sans-Précédent. C’est à l’échelle du globe, la baraque foraine du Docteur Satanix: « entrez, entrez mesdames et messieurs, venez admirer les phénomènes qui ont frappé de terreur les têtes couronnées de toutes les cours d’Europe. Deux sous la place, tarifs réduits pour les militaires et les bonnes d’enfants. Payez à la caisse en entrant. »

Et pour payer, le badaud a payé. Un milliard de dollars, puis deux, puis quatre, puis six. Le magot s’arrondit a mesure que le nombre des morts augmente. Deux sous pour voir le foetus a deux têtes, six milliards pour le charnier tropical à cent cinquante mille cadavres. Et on annonce les résultats comme pour un téléthon mondialiste. Et on fait des comparaisons : Français, encore un effort, les Allemands ont donné plus que vous ! Et les Suédois ! Et les Japonais donc ! Alors les Français donnent. Tous. L’État qui n’a toujours pas soldé les comptes des sinistrés de la Somme, des inondés du Gard, des victimes de l’explosion d’AZF à Toulouse, l’État qui ne trouve pas d’argent pour payer les infirmières en gériatrie ou en psychiatrie et les médecins pédiatres, l’État qui est incapable d’empêcher les clochards de crever de froid dans nos villes, de boucher le trou de la Sécu, de payer dignement les français au lieu d’importer des esclaves, cet État sort de nos poches les millions d’euros comme un prestidigitateur sortirait des ortolans du chapeau d’un spectateur payant.

Dans une débauche de bonne conscience affichée, de solidarité exhibitionniste, le bon peuple suit. L’hypermarché tend la sébile aux clients croulant sous la bouffe des réveillons. Le directeur de prison annonce que ses détenus ont fait une quête. Le boulanger convoque la télé régionale qui le filme mettant un euro dans le nourrain chaque fois qu’un client achète une galette des rois. L’instit’ fait fabriquer par des gosses illettrés des appels en petit-nègre qui seront publiés par la feuille de chou local. Les géants du portable se font des factures en or en annonçant que chaque appel donnera lieu au versement (par le client, bien sûr) d’un Euro «pour le tsunami» Mattei, «le tueur de la canicule» devenu président à cent mille balles par mois des bénévoles de la Croix Rouge demande du fric, seulement du fric, encore plus de fric. Le Secours Populaires vieux flibustier stalinoïde retrouve les réflexes du temps ou il courait pour les tueurs fellouzes et emmagasine des vêtements dont on voit mal a quoi il serviront dans des pays tropicaux et seul le président de Médecins sans Frontières a le courage de dire son écoeurement et d’appeler a l’interruption de ce déversement de millions dont on ne saura pas quoi faire sinon les transférer sur les comptes numérotés des parrains des mafias gouvernementales post-coloniales qui rendront la monnaie dans des attaché-cases Hermès au moment des élections. A l’autre bout de l’échelle, des minables se beurrent en tendant une boite a biscuits percée d’une fente et sur laquelle ils ont écrit le mot magique : tsunami. Et le peuple donne. Il donne n’importe quoi n’importe comment, à n’importe qui.

De temps en temps, pourtant, Harpagon sort de son état d’hypnose. Quand une grosse boite s’offre un peu de pub en signant un chèque de cent mille dollars, l’actionnaire crie au charron . Hola ! C’est avec son fric que les big boss des multinationale font les généreux ! Il veut bien prélever vingt euros dans son porte-monnaie mais pas écorner son portefeuille d’actions de deux dollars de dividendes. Allez comprendre !

Sur quoi, puisque dans toute histoire il faut des méchants, on dénonce les Émirs qui ne crachent pas au bassinet pour leurs «frères musulmans» dont ils se contrefoutent manifestement. On ne voit pas d’ailleurs, pourquoi ces hyper milliardaires du pétrole qui, depuis un demi siècle, laissent crever les arabes de Palestine, bougeraient un seul de leurs doigts embagousés pour des vagues chinetoques qui ne savent sans doute même pas s’ils sont sunnites ou chiites.

Coté politicards, c’est à qui se précipitera sur les lieux. Histoire d’ajouter encore au chaos, à la gabegie, aux difficultés des autorités locales. Barnier fait des aller et retour et se vante de ramener des blessés dans «son» avion. Douste à peine revenu, c’est Blazy qui repart pour «examiner les besoins en matériel hospitalier» alors que le corps médical de cette région du globe, formé à l’anglo-saxonne est parmi les plus compétents et les plus dévoués du monde. Mais c’est que le ministre à tête d’allumette traîne à ses basques le gros patron d’Aventis, géant mondialisé du médicament, venu verser son obole et surtout renifler le marché

Dimanche 9 janvier, pas moins de six ministres des affaires étrangères de pays riches piétinaient la boue du Bengale. Manquait que Kouchner et son sac de riz Vuiton et Lang tenant la main d’un gosse au teint de pain d’épice.

Seul Chirac, pompé par quinze jours de super-palace marocain, s’est borné à pointer un bronzage obscène dans la grisaille parisienne pour la minute de silence maçonnique désormais de rigueur en terre de laïcité

Les télés, elles, alternent à longueur d’antenne le poil à gratter et le gratte-dos : Un cadavre gonflé ; une équipe de sauveteurs venus d’Israel (mais on ne dira pas, bien sûr que ces experts dirigés par le rabbin Meshi Zahav sont des gens de ZAKA , spécialistes de l'identification de victimes d’attentats venus non pour aider les survivants mais pour sauver des juifs morts d'un destin pire que la mort : être enterré dans la même tombe que le bétail goyim) . Une main crispée sortant de la vase ; un peloton de pompiers venu de Barhein (mais personne ne saura qu’ils n’ont aucun matériel). Un enfant hagard dans un hôpital bondé ; une brigade de la protection civile (mais on taira qu’elle est bloquée depuis des jours par les formalités administratives). Un «Tigre» Tamoul qui arrose un trottoir boueux (et que l’on fera, du coup, passer du statut de terroriste à celui de bienfaiteur de l’Humanité).

Plus, de temps en temps, pour réamorcer les pompes à fric, un «miracle» (laïc bien sur) femme accrochée à un arbre, pêcheur retrouvé dans la coque d’une épave, vieillard bloquée sous un toit effondré. Le tout filmé ad nauseam et rediffusé dix fois jusqu’à usure de la pellicule entre deux apparitions totalement incongrues de Pierre Mondy désertant la 7° compagnie pour faire la manche. Dans cet Hellzapoppin humanitaire, les «Guignols de l’info», pour le coup, ont poussé un peu loin le bouchon en frappant en plein coeur leur propre cible commerciale: les bobos tripoteurs qu’ils ont montrés chassant l’orphelin à « adopter ». Libération en a été scandalisé ! Oui, le même Libération qui, voilà vingt ans publiait les abjects fantasmes de Dugué, pédomane communiste et multirécidiviste assurant qu’un enfant sodomisé par un adulte éprouve du plaisir !

Pour les enfants, c’est douteux, mais pour les adultes, il y a de quoi se poser des questions quand on voit Alliot Marie pointer à la télé son museau de musaraigne mal embouchée pour réclamer le vote d’une nouvelle «taxe humanitaire» alors que, justement les contribuables compressés sont en train de donner spontanément.

Et l’Église, dira-t-on. Qu’a fait l’Église ? Des prières, des processions, des messes ? Pas du tout ! Trop vieux tout ça. Trop convenu. Ringard. Non, à Paris les catholiques ont été invités à « déposer une fleur blanche couleur du deuil en Asie à l’église Saint Sulpice» ou, plus cool encore, à «s’associer à l’opération par internet» et sur place, les prêtres ont organisé des cérémonies communes avec les musulmans et les bouddhistes, initiative dont le Bulletin des mission étrangères écrit qu’elle «transcende toutes les religions».(Sic). Celle là, même l’abbé de Nantes n’aurait pas osé l’imaginer quand il prophétisait le Masdu (mouvement d’animation spirituelle de la démocratie universelle)

Il y a un siècle, les Missions étrangères avaient été baptisées «l’École Polytechnique du martyr» en raison du nombre de missionnaires ayant subi mille morts en témoignage de leur foi. Aujourd’hui ça serait plutôt l’ENA (Entreprise Nationale d’Apostasie).

Cela dit, la catastrophe n’a pas fait le malheur de tout le monde. Les clandestins tamouls qui sont innombrables (et d’ailleurs pas dénombrés) à Paris notamment dans le quartier de la gare du Nord ont aussitôt lancé un appel à la régularisation : « comment voulez vous qu’on rentre chez nous, après ça ? » Ont- ils interrogé. C’est vrai. On ne va quand même pas les envoyer prendre la place des pompiers français partis là bas pour déblayer les ruines !

 

Finalement, pour trouver un peu de bon sens dans cette folie, il faut, comme toujours, en revenir à l’Ancien régime. Fondé en 1672 sous Louis XIV, l'ancien comptoir français de Pondichéry a été épargné par les vagues alors que la cote ne présente aucun relief faisant obstacle a la mer. C’est d’ailleurs parce qu’Anglais et Hollandais l’avaient négligé que ce coin de marécage désolé a été élu par les Français pour y établir leur port sur la côte orientale de l'Inde.

Le lieu était si peu sûr que le gouverneur Dupleix y fit élever une digue par la population locale.

Trois siècles plus tard, le raz de marée sismique s’y est brisé les dents et Pondichéry n’a pas déploré une seule victime.

 

Serge de Beketch